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JUI
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L'EVOLUTION DU MARCHE DES OPCVM

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Les encours sous gestion s’élèvent à 835,5 milliards d’eurosimprimer




Après s’être fortement contracté de près de 30 milliards d’euros en juin, le marché français de la gestion collective a connu un léger sursaut de son encours en juillet. A 835,5 milliards d’euros, le marché a progressé de +0,8%, l’équivalent de 6,4 milliards d’euros supplémentaires au mois précédent. (1)
Il n’en demeure pas moins que l’ensemble des classes d’actifs est resté sous le joug des demandes de rachats. Cependant, les faibles niveaux de flux sortants ont, à leur manière, reflété l’accalmie des marchés vis-à-vis des craintes liées aux dettes souveraines, tout en offrant une pause aux tendances d’investissement (pour la plupart vendeuses) qui animent chacune des classes d’actifs. La décollecte mensuelle du marché a rassemblé près de -2,1 milliards d’euros en juillet. (2)
L’ouverture de la saison des résultats d’entreprises pour le 2ème trimestre a su détourner les investisseurs des mauvaises nouvelles en provenance des Etats-Unis. Les bons résultats ont ouvert des perspectives encourageantes qui se sont traduites par une forte remontée des indices actions, et une légère détente des marchés obligataires. Au global, les fonds français ont réalisé +8,4 milliards d’euros de gains en juillet. (3)

Les OPCVM de Trésorerie

Alors qu’il s’était sévèrement contracté de -6,5% en juin, l’encours des OPCVM de Trésorerie n’a que faiblement varié au terme de ce mois de juillet (-0,2%). Son total atteint désormais 365,5 milliards d’euros.
A nouveau, la catégorie de fonds Trésorerie Régulière présente un solde de souscriptions nettes négatif pour ce mois de juillet. En portant sur 0,7% de l’encours, ces rachats de près de -2,4 milliards d’euros sont certes moins importants que le mois précédent (-22,8 milliards d’euros en juin), mais dénotent par rapport aux traditionnelles opérations de réinvestissement menées en juillet. De manière historique, les investisseurs réallouent une moyenne de 2% de l’encours en cette période de l’année. Ces données alimentent donc le courant vendeur qui touche cette catégorie de fonds depuis 12 mois, dont la somme des désengagements atteint désormais -88 milliards d’euros sur un an. A 343,4 milliards d’euros, l’encours de ces fonds perd -0,6% sur le mois.
A la faveur de +514 millions d’euros collectés, l’encours des fonds de Trésorerie Dynamique (TD et TD+) a progressé de +6% en juillet, portant son total à 21,1 milliards d’euros en fin de mois. Il n’empêche que seuls quelques fonds sont parvenus à collecter de manière significative, une grande majorité d’OPCVM ayant enregistré un faible montant mensuel de souscriptions nettes. La tendance des flux d’investissement demeure donc en faveur d’un courant vendeur que les opérations de juillet ont néanmoins adouci.
Lors de la dernière opération de prêt à une semaine menée par la BCE, 155 milliards d’euros ont été alloués contre 200 milliards lors des semaines précédentes. Davantage de banques se sont en effet tournées vers le marché interbancaire, avec pour conséquence une remontée des taux EONIA et Euribor. En fin de mois, la publication des tests de résistance, auxquels de se sont soumis les établissements européens, n’a pas eu de répercussion sensible sur les taux. Bien que le scénario d’un défaut souverain n’ait pas été retenu pour ces tests, les opérateurs ont néanmoins salué la transparence dont ont fait preuve les banques. En moyenne mensuelle, l’EONIA affiche une hausse à 0,48% en juillet, contre 0,35% en juin. L’Euribor 3 mois a atteint un plus haut de 12 mois à 0,89% (+13pb). Pour le 3ème mois d’affilée, les émissions de certificats de dépôts se sont toutes accompagnées d’une rémunération et de primes, par rapport à l’EONIA, en hausse.
Dans ce contexte, bien que l’indice EuroPerformance des fonds de Trésorerie Régulière soit en ligne avec le rendement mensuel de l’EONIA, une majorité de fonds n’a pas réussi à s’aligner avec la progression du marché monétaire. En revanche, les indices de catégorie TD et TD+ ont délivré un rendement supérieur à l’EONIA de +8pb et +24pb, respectivement, grâce aux performances d’une large majorité de fonds.

Les OPCVM Obligations

A 77,1 milliards d’euros, l’encours des fonds Obligations s’est légèrement apprécié de +0,8% sur le mois.
Faisant fi d’indicateurs économiques décevants, notamment aux Etats-Unis, les opérateurs se sont davantage concentrés sur l’ouverture de la saison des résultats d’entreprises pour le compte de ce deuxième trimestre. Les obligations privées, dont le marché primaire est resté actif, si on le compare à sa quasi-fermeture en mai, mais fortement contenu de par la taille des émissions, ont profité de cette reprise de risque. Le coût de la protection contre un défaut de paiement a fortement diminué (-30pb pour l’iTraxx Europe 5ans) et le marché cash s’est adjugé une performance de +1,25% (iBOXX Corporate Overall TR).
Parallèlement, la Grèce a dû émettre sur 13 semaines (à 4%) pour conserver un accès au marché, et le programme d’achat d’obligations souveraines mis en place par la BCE, a atteint 60,5 milliards d’euros depuis son lancement en mai. Les opérateurs n’ont donc pas totalement éludé le risque souverain : le Bund 10 ans s’est légèrement détendu (-9pb) et les Treasuries américains sont restés stables. Le marché des emprunts d’Etats de la zone Euro affiche une performance de +0,9% en juillet.
Le compartiment Haut Rendement profite également du contexte : l’indice européen Merrill Lynch progresse de +4,2%, tandis que le même indice global perd -1,6%.
A la différence du mois dernier, une très large majorité de fonds a délivré un rendement mensuel positif en juillet. Seules les catégories Inflation accusent un léger repli. L’effet marché induit par ces performances fait ressortir un gain mensuel de +656 millions d’euros.
Dans le même temps, les demandes de rachats, constatées depuis déjà 2 mois sur cette famille de fonds pour un total de -1,1 milliard d’euros, ont marqué le pas en juillet. Les sommes retirées par les investisseurs se sont élevées à -162 millions d’euros en juillet. Dans le détail, la décollecte des fonds Obligations Internationales a atteint -113 millions d’euros, et les opérations menées sur les différentes catégories de fonds Obligations Euro se sont globalement compensées (-15 millions d’euros de rachats), même si le compartiment Euro Court Terme continue de subir les plus forts retraits (-255 millions d’euros, après déjà -244 millions en juin). A l’opposé, les fonds Obligations Haut Rendement ont capté +42 millions d’euros de flux entrants.
Sur 12 mois, les OPCVM Obligations affichent une collecte de près de +6,3 milliards d’euros. Toutefois, ces sept derniers mois n’ont permis d’amasser que +2,4 milliards d’euros. C’est que, depuis début mai, les flux d’investissement destinés aux OPCVM Obligations se sont retournés pour donner naissance à un courant vendeur que les données de juillet ont continué d’alimenter.

Les OPCVM Actions

Tiré par des performances nettement positives, l’encours des fonds Actions s’est octroyé une progression de +3,3% durant le mois. Son niveau de 189,1 milliards d’euros le place, à nouveau, au-dessus de son niveau de fin 2009.
L’ouverture de la saison des résultats d’entreprises au deuxième trimestre s’est rapidement accompagnée de perspectives encourageantes quant à la reprise de l’activité économique dans la zone. Avec une base comparative extrêmement favorable, 80% des valeurs ayant publiées ont battu le consensus. Dès lors, les indices du marché actions ont fortement progressé avec des gains de +5,9% pour le CAC 40, et de +5% pour le Stoxx 600. Compte tenu d’un nouvel accès de faiblesse du dollar, la progression du S&P 500 s’est limitée à +0,8% en euro, contre +7% en dollar. (performances en euro, dividendes réinvestis)
A l’exception des fonds de valeurs Asie et Japon, c’est l’ensemble des catégories EuroPerformance qui a profité de cet apaisement du climat sur les dettes européennes. En tête des meilleures progressions, les catégories actions Euro, France et Europe s’octroient entre +4% et +5,8% de gains sur le mois, contre une perte de -1,6% pour les actions Asie. L’effet marché permet ainsi de dégager un bon résultat mensuel de près de +6,5 milliards d’euros.
A leur manière, les souscriptions nettes de juillet reflètent l’apaisement constaté sur les marchés actions. Si pour le 5ème mois consécutif les rachats ont continué de l’emporter sur les flux entrants, les sommes qu’ils ont rassemblées sont en nette baisse par rapport aux mois précédents. -271 millions d’euros ont été ainsi retirés des fonds Actions, dont l’essentiel est une nouvelle fois venu des catégories Actions France (-318 millions d’euros) et Actions Euro (-348 millions d’euros). Hormis sur les catégories Actions Internationales (+183 millions) et Actions Sectorielles (+126 millions), les flux investis sur les autres catégories géographiques relatent une demande assez faible.
Comme le mois dernier, cette décollecte de la famille Actions reste largement en la défaveur des produits de gestion passive. Pour le 3ème mois de suite, les fonds indiciels et les ETFs ont connu plus de retraits que de flux entrants : le solde des souscriptions nettes fait ressortir -471 millions d’euros de rachats pour juillet, après -1,2 milliard d’euros de retraits enregistrés en juin. La gestion active a quant à elle capté +200 millions d’euros de flux nets entrants, après +69 millions d’euros en juin. Toutefois, depuis le début de l’année, les flux d’investissement demeurent en faveur de la gestion passive, dont l’encours atteint 48,7 milliards d’euros à fin juillet (+3% sur le mois).
Au global, la famille des fonds Actions continue donc d’évoluer dans une tendance menée par les rachats. Toutefois, les données de juillet y ont apporté un sensible ralentissement.

Les OPCVM Diversifiés

A fin juillet, les fonds Diversifiés Euro et Internationaux rassemblent 98,4 milliards d’euros, soit une variation mensuelle de +0,9%.
Dans la mesure où les marchés obligataires et actions ont été bien orientés durant le mois, les différentes stratégies de fonds Diversifiés Euro et, dans une moindre mesure, Diversifiés Internationaux ont réalisé des performances positives. En moyenne, les fonds à dominante Taux ont progressé de +0,9% et les fonds à dominante Actions se sont octroyés un gain de +2,1%. Les résultats comparés de la gestion Flexible et des fonds d’allocation Mixte sont une fois de plus en faveur de ces derniers, les gains étant de respectivement +1,1% et +1,4%. Au global, ces stratégies ont dégagé un effet marché de +503 millions d’euros, qui aurait pu être plus important si la catégorie Diversifiés Internationaux – allocation Mixte n’avait pas enregistré une performance négative de -681 millions d’euros, à contre courant des autres catégories.
Du côté des flux d’investissement, l’allocation est restée identique : +707 millions d’euros ont alimenté les stratégies Mixte (essentiellement sur un fonds), tandis que -112 millions, -73 millions et -71 millions ont été retirés des fonds à dominante Actions, des fonds à dominante Taux, et de la gestion Flexible.
Avec +450 millions d’euros glanés en juillet, la collecte mensuelle demeure certes ininterrompue mais n’en est pas moins la 2ème plus faible de ces 16 derniers mois. La tendance des flux entrants a perdu de son rythme sans que toutefois une inflexion au courant acheteur ne soit, pour l’heure, perceptible.
Les fonds Obligations Convertibles ont également exploité à bon escient le resserrement des spreads de crédit, ainsi que le rallye des opérateurs sur les actions. L’indice EuroPerformance de cette catégorie d’investissement progresse de +2,6%, permettant de dégager un gain de +332 millions d’euros sur le mois. Néanmoins, pour le 4ème mois d’affilée, les demandes de rachats ont continué de primer sur les flux entrants, puisque ce sont -80 millions d’euros qui ont été retirés de ces fonds. A près de 12,3 milliards d’euros, l’encours a progressé de +2% en un mois.
Comparées au mois dernier, les performances délivrées en juillet par les fonds Absolute Return s’inscrivent en légère hausse (+25pb pour l’indice de catégorie par rapport à l’EONIA), mais s’accompagnent d’une plus grande dispersion. Particulièrement, les fonds de volatilité ont nettement sous-performés les autres stratégies. De la même manière, la demande a rebondi avec +200 millions d’euros de collecte, après 3 mois consécutifs de rachats. Pour autant, ces données, à l’image d’autres catégories de fonds, marquent davantage une pause de la tendance suivie par les souscriptions nettes, qu’une reprise de la demande. La progression de l’encours est de +2,2% sur le mois, celui-ci étant de 17,9 milliards d’euros à fin juillet.

Les OPCVM Garantis ou à Formule

En baisse de -1,2% sur le mois, l’encours des fonds Garantis ou à Formule affiche un total de 67,5 milliards d’euros.
Sur le compartiment des fonds assortis d’une Garantie Totale du capital, alors que les souscriptions nettes font état d’une décollecte de -258 millions d’euros induite par l’arrivée à échéance de nombreux produits, les fonds ouverts à la souscription ont capté +371 millions d’euros durant le mois.
L’encours des fonds à Formule (7,7 milliards d’euros) a quant à lui progressé de +2,5% en juillet. L’effet marché a essentiellement contribué à cette variation dans la mesure où les souscriptions nettes n’ont rassemblé que +44 millions d’euros.

Les OPCVM de fonds Alternatifs

Malgré des résultats en ordre dispersé selon les stratégies employées, l’indice EuroPerformance des OPCVM de fonds Alternatifs a progressé de +4pb supplémentaires à l’EONIA au cours du mois de juin. Pour autant, ces fonds n’ont pas échappé à la forte vague de rachats qui avait touché l’ensemble des classes d’actifs le mois dernier. Ainsi, ce sont -172 millions d’euros qui ont été retirés de ces fonds en juin, soit le 7ème mois consécutif de décollecte. Ces données confirment donc la tendance décrite le mois dernier : le retour progressif des investisseurs sur cette classe d’actifs a très nettement perdu de sa dynamique et semble se stabiliser pour le 3ème mois d’affilée.
A 7,7 milliards d’euros, l’encours s’est contracté de -2% en juin. Son recul, depuis le début de l’année, atteint désormais -8,3% et -13% sur 12 mois.

Les OPCVM PEA et Profilés

Compte tenu d’un fort effet induit par les performances du marché actions, l’encours des fonds éligibles au PEA s’est apprécié de +2,7% sur le mois. Dans le détail, les performances ont permis de dégager un gain de +6,1 milliards d’euros, tandis que les souscriptions nettes ont fait ressortir une décollecte de -1,4 milliard d’euros. L’encours atteint 173,8 milliards d’euros mais reste inférieur à son niveau de fin 2009.
Le marché des fonds Profilés s’est également apprécié (+1,3% d’encours) à la faveur de +1,1 milliard d’euros de gains obtenus par les performances. Il n’empêche que les souscriptions nettes sont restées négatives pour le 13ème mois de suite, en rassemblant -281 millions d’euros de flux sortants. Ces fonds rassemblent un encours de 48,9 milliards d’euros.

La Gestion Passive

A 62,4 milliards d’euros, l’encours des fonds indiciels et des ETFs a progressé de +2,7% sur le mois, principalement grâce aux bonnes performances des différents marchés d’actifs. Car les souscriptions nettes ont une nouvelle fois été négatives, faisant ressortir des retraits de -264 millions d’euros en juillet, après des rachats de -1,2 milliard d’euros en juin. Les investisseurs sont sortis des produits Actions (-471 millions d’euros), alors que leur allocation en produits d’Obligations a conservé son rythme (+196 millions d’euros en juillet, après +185 millions d’euros en juin).

(1) Les encours des OPCVM Trésorerie, Obligations, Actions, Diversfiés et Garantis sont arrêtés au titre du mois M. L’encours des OPCVM de fonds Alternatifs est à M-1.
(2) Les souscriptions nettes s’entendent hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elles sont évaluées à partir de la variation du nombre de parts multipliée par la valeur liquidative moyenne.
(3) La performance s’entend hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elle est évaluée en milliards d’euros à partir de la variation des valeurs liquidatives multipliée par le nombre de parts moyen.