MAI
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L'EVOLUTION DU MARCHE DES OPCVM
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Les actifs du marché français de la gestion collective ont fortement reculé de -1,9% en mai, soit une fuite d’encours de -17 milliards d’euros sur un mois. Le total des encours est ramené à son plus bas niveau depuis 11 mois, à 857,9 milliards d’euros. (1)
En mai, toutes les classes d’actifs ont été concernées par les demandes de rachat des investisseurs. Alors que la tendance ne fait que persister sur les fonds de Trésorerie Régulière, les fonds Obligations ont enregistré leur 1ère décollecte mensuelle depuis 14 mois. Egalement, la famille Actions, au sein de laquelle la gestion indicielle semble mieux résister que la gestion active, a connu sa plus importante décollecte depuis septembre 2008. Au global, l’ensemble du marché a enregistré une décollecte de -7,5 milliards d’euros. (2)
Les performances des fonds français ont été fortement pénalisées par la baisse généralisée des marchés d’actifs risqués. Malgré le net recul de l’euro face aux autres devises, qui a permis aux fonds investis en dehors de la zone euro de limiter l’impact marché, l’effet performance fait ressortir une forte perte de près de -9 milliards d’euros. (3)
Les OPCVM de Trésorerie
L’encours de cette famille de fonds continue de diminuer au fil des mois. En mai, les actifs sous gestion ont reculé de -1%, portant l’encours à 391,6 milliards d’euros.
En mai, les flux sortants des fonds de Trésorerie Régulière sont venus renforcer à nouveau la très nette tendance à la décollecte de ce compartiment. Alors que ce mois est historiquement ponctué de flux entrants, les investisseurs ont décidé de racheter pour -4 milliards d’euros de parts d’OPCVM, portant le total de leurs désengagements à -17 milliards d’euros depuis le début de l’année, et à -71 milliards sur un an. L’encours de ces fonds est ramené à un plus bas niveau de 20 mois, à 367,8 milliards d’euros.
Les catégories de Trésorerie Dynamique (TD et TD+) ont aussi enregistré des rachats pour un total de -1,2 milliard d’euros. Si une part significative de ces rachats est imputable à quelques OPCVM, une majorité de fonds affiche un solde de flux nets négatifs. Dès lors, la tendance des flux d’investissement (donnée par le cumul 12 mois des souscriptions nettes) plaide pour un retournement du courant acheteur. Sur le mois, l’encours de ces fonds a perdu -2,5% et rassemble désormais 22,9 milliards d’euros.
L’exposition des banques européennes à la dette grecque, et plus largement aux pays périphériques de la zone euro, a relancé la réticence de ces mêmes établissements à se prêter entre eux. Les dépôts quotidiens auprès de la BCE ont fortement progressé jusqu’à atteindre 350 milliards d’euros début juin, soit un niveau encore jamais atteint depuis le début de la crise. Egalement, la BCE, lors de son opération de refinancement à long terme, a alloué trois fois plus de liquidité que le mois précédent, pour un nombre de demandeurs aussi en hausse. Parallèlement, si l’EONIA est resté stable à 0,34%, en revanche l’EURIBOR 3 mois s’est tendu à 0,70% en fin de mois, soit 7 pb supplémentaires à son niveau de début avril. Les certificats de dépôt émis durant le mois présentent des primes en hausse sur toutes les maturités.
En répercussion à l’agitation du marché obligataire, une très large majorité de fonds de Trésorerie a réalisé une performance mensuelle inférieure à l’EONIA, les reculs les plus nets ayant été réalisés par les portefeuilles les plus exposés aux établissements bancaires et financiers. Les rendements mensuels des indices EuroPerformance des catégories TD et TD+ sont de -8pb et de -39pb en dessous de l’EONIA. Depuis le début de l’année, les indices des catégories Trésorerie Régulière et TD gardent une performance positive et supérieure à l’EONIA, tandis que l’indice TD+ est redevenu négatif.
Les OPCVM Obligations
A 76,9 milliards d’euros, l’encours des fonds Obligations enregistre une variation mensuelle de -0,2%.
En se portant acquéreur en dernier ressort des dettes publiques et privées de la zone euro, la BCE a grandement participé à la détente des taux des Etats grecs, portugais et irlandais. Seule l’Espagne, dégradée en fin de mois, n’a pu profiter de cette détente (+30 pb sur le taux à 10 ans). Sur le thème de l’aversion au risque, les titres allemands et français ont continué de se détendre.
La détente du marché obligataire souverain permet à l’indice iBoxx d’établir une performance de +1,57%. Par opposition l’écartement des spreads de crédit pénalise les fonds de dettes privées (-0,57% pour l’indice iBoxx). Le marché primaire Corporate a d’ailleurs marqué un véritable coup d’arrêt, puisque moins de 1,5 milliard d’euros a pu être émis. Les investisseurs restant focalisés sur le risque souverain, tout actif risqué, notamment le compartiment Haut Rendement, a été délaissé. L’indice européen de la dette Haut Rendement a fortement reculé de -4% (indice Merrill Lynch en euro). Dès lors, l’effet marché de la famille OPCVM Obligations ne fait ressortir que +299 millions d’euros de gains lors de ce mois de mai.
Pour la 1ère fois depuis 14 mois, le solde des opérations d’investissement et de rachat est ressorti négatif à -437 millions d’euros. Cette décollecte a touché l’ensemble des différentes catégories de fonds, excepté les Obligations euro Moyen Terme (même si les flux entrants de +460 millions n’ont profité qu’à un seul fonds). En détail, les fonds Obligations euro, toutes maturités confondues, et les fonds Obligations Internationales ont remboursé, respectivement, -43 millions et -365 millions d’euros. La décollecte des fonds Haut Rendement a été de -29 millions d’euros. En tendance, les flux demeurent « acheteurs », même si un tassement de la demande est désormais perceptible.
Les OPCVM Actions
L’encours des fonds Actions a enregistré en mai son plus fort recul mensuel depuis février 2009. Une réduction de -9,6 milliards d’euros, soit près de -5% par rapport au mois dernier, porte le niveau d’encours à 187 milliards d’euros, équivalent au niveau de ce début d’année.
D’importantes corrections ont été enregistrées sur les principaux indices boursiers, s’accompagnant d’un très net rebond de la volatilité (un pic de 47% a été atteint par le VIX, contre 22% fin avril). Le plan conjoint des pays de l’UE et du FMI a été jugé tardif par les opérateurs qui craignent désormais que l’austérité imposée aux Etats en difficulté ne vienne logiquement amputer la croissance en zone euro. Dès lors, les pressions sur l’euro se sont accrues face à l’ensemble des autres devises, la parité avec le dollar touchant un plus bas de 4 ans.
Dans ce contexte généralisé de baisse des marchés, une très large majorité de fonds a délivré une performance mensuelle négative. Les catégories France, Euro et Europe ont enregistré des reculs de -5% en moyenne. Le recul des catégories actions Internationales, Amérique et Asie s’est limité entre -2,7% et -0,9% grâce à l’affaiblissement de l’euro. Dès lors, l’effet marché fait état d’une perte de -7,5 milliards d’euros pour le compte de ce mois de mai. Tous les gains réalisés depuis le début de l’année sont désormais effacés.
Déjà en proie à des opérations de rachats lors des deux précédents mois, la famille des OPCVM Actions accuse en mai sa plus forte décollecte depuis septembre 2008. Les retraits ont affecté l’ensemble des catégories géographiques et sectorielles, et cumulé -1,8 milliard d’euros. Particulièrement affectés, les fonds actions Européennes et actions France ont répondu à -768 millions et -203 millions d’euros de rachats. De même, les catégories actions Internationales et actions Asie, toutes deux largement privilégiées par les investisseurs jusqu’à présent, ont enregistré des décollectes de -640 millions et -299 millions d’euros. Les flux entrants et sortants des fonds actions Amérique se sont compensés, alors que seule la catégorie actions Euro affiche une collecte significative de +425 millions d’euros issue des allocations en gestion indicielle (+663 millions).
A cet effet, les produits de gestion indicielle ont bien mieux résisté que la gestion active, aux rachats des investisseurs. Les sorties des fonds indiciels et des ETFs ont rassemblé -106 millions d’euros, soit 0,2% de l’encours, contre un ratio de 1,2% pour la gestion active. Compte tenu d’un effet marché négatif, l’encours de la gestion indicielle est ramené à 49,5 milliards d’euros, soit un repli de -3,8% en un mois.
Au global, la famille des OPCVM Actions présente, pour le 3ème mois consécutif, des flux nets sortants qui réduisent à moins de 100 millions d’euros la collecte réalisée depuis le début de l’année. La tendance des flux d’investissement, qui demeurait acheteuse depuis plusieurs mois, s’est désormais inversée.
Les OPCVM Diversifiés
L’encours des fonds Diversifiés Euro et Internationaux rassemble 96 milliards d’euros, soit une faible variation sur un mois. Toutes les stratégies de fonds Diversifiés ont enregistré une performance moyenne négative en mai, avec un repli légèrement plus marqué pour les fonds euro. Les fonds à dominante Actions ont reculé de -3,9% en moyenne, tandis que le repli des fonds à dominante Taux s’est limité à -1,3%. La gestion Flexible a servi un rendement mensuel de -2,9%, contre un rendement de -2,6% pour les fonds d’allocation Mixte. Sur cette dernière catégorie, la hausse de la volatilité n’a eu qu’un faible impact sur la dispersion des performances, au contraire des résultats de la gestion Flexible. Toutes stratégies confondues, l’effet marché a atteint -1 milliard d’euros.
A l’image des mois passés, les souscriptions nettes ont été peu fournies sur la plupart des stratégies. Seules les catégories Internationaux allocation Mixte (+1 milliard d’euros sur un fonds) et, dans une bien moindre mesure, Internationaux gestion Flexible (+108 millions d’euros) ont réalisé les souscriptions nettes les plus significatives. Au global, la collecte des fonds Diversifiés Euro et Internationaux a atteint +991 millions d’euros en mai.
Les spreads de crédit, plutôt stables en avril, se sont écartés durant le mois de mai (+31pb pour l’iTraxx Main et +131pb pour le Crossover). Si l’on ajoute la nette baisse des marchés d’actions s’accompagnant d’une hausse significative de la volatilité, les fonds Obligations Convertibles ont, dans une très large majorité, réalisé des performances négatives sur le mois. L’effet induit par le marché a fait perdre -576 millions d’euros, tandis que les rachats ont cumulé -219 millions d’euros. De ce fait, l’encours affiche une réduction de -6% à 12,1 milliards d’euros.
Les demandes de rachats n’ont pas plus épargné la catégorie des fonds Absolute Return. Ces opérations ont rassemblé -586 millions d’euros sur le mois et induisent un véritable tassement de la tendance acheteuse qui prévalait depuis plusieurs mois sur ce compartiment de fonds. Comme le mois dernier, le rendement de l’indice EuroPerformance de la catégorie Absolute Return est inférieur à l’EONIA (-50 pb en mai). La dispersion des résultats s’est nettement accrue dans la mesure où les fonds de volatilité ont réalisé des performances positives à deux chiffres, en opposition à une majorité de fonds long/short. A 17,4 milliards d’euros, l’encours s’est contracté de -3,6%. Il s’agit de sa plus forte réduction mensuelle depuis janvier 2009.
Les OPCVM Garantis ou à Formule
Compte tenu de l’arrivée à échéance d’importants fonds Garantis, l’encours de la famille des OPCVM Garantis ou à Formule s’est replié de -1,8% sur le mois, à 68,8 milliards d’euros.
Les souscriptions nettes de la catégorie des fonds assortis d’une Garantie Totale ont cumulé -67 millions d’euros. Parmi ces opérations, les flux destinés aux fonds encore ouverts à la commercialisation ont été de +290 millions d’euros.
Dans un contexte où la majorité des classes d’actifs a été touchée par les rachats, les souscriptions nettes de +248 millions d’euros des fonds à Formule ressortent de manière significative. Il s’agit du 7ème mois consécutif de collecte, cette dernière se faisant à un rythme soutenu. Les ETFs de stratégie ont attiré +175 millions d’euros de flux nets.
Les OPCVM de fonds Alternatifs
En avril, les OPCVM de fonds Alternatifs ont enregistré leur plus importante décollecte mensuelle depuis un an. En rassemblant -251 millions d’euros, les opérations de rachats ont porté sur 3% de l’encours de ces fonds, soit une hausse significative de ce ratio par rapport aux précédents mois. Pour l’heure, ces résultats n’altèrent pas la tendance des flux d’investissement qui demeure en faveur d’une accalmie du courant vendeur.
Le mois d’avril, comme le mois précédent, a été propice à la réalisation de performances positives. En progression, l’indice EuroPerformance affiche un rendement de +21pb supérieur à l’EONIA. L’effet marché atteint +66 millions d’euros.
Sur un mois, les actifs gérés en OPCVM de fonds Alternatifs ont diminué de -3,4%. Ils rassemblaient un peu moins de 8,1 milliards d’euros à fin avril.
Les OPCVM PEA et Profilés
Le marché des fonds éligibles au PEA a enregistré une baisse de -4,5% de ses encours, à 173,1 milliards d’euros. L’effet marché, le plus important contributeur à cette baisse, a fait perdre -6,8 milliards d’euros sur le mois, tandis que la décollecte a rassemblé -1,1 milliard d’euros.
Les fonds Profilés ont subi également un fort effet marché négatif (près de -1,4 milliard d’euros), alors que les flux sortants ont continué d’affluer (-268 millions d’euros). Ces fonds rassemblent un encours de 49 milliards d’euros, en baisse de -3,3% sur un mois.
La Gestion Passive
Face à la gestion active, la gestion passive a bien mieux résisté aux opérations de rachats qui ont caractérisé ce mois de mai. Sur les familles Obligations, Garantis ou à Formule, et Trésorerie, les fonds indiciels et ETFs ont collecté près de +444 millions d’euros. Seule la famille Actions présente un solde négatif de souscriptions nettes (-106 millions). Dès lors, le repli d’encours s’est limité à -2,4% sur le mois, à 62,6 milliards d’euros.
(1) Les encours des OPCVM Trésorerie, Obligations, Actions, Diversfiés et Garantis sont arrêtés au titre du mois M. L’encours des OPCVM de fonds Alternatifs est à M-1.
(2) Les souscriptions nettes s’entendent hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elles sont évaluées à partir de la variation du nombre de parts multipliée par la valeur liquidative moyenne.
(3) La performance s’entend hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elle est évaluée en milliards d’euros à partir de la variation des valeurs liquidatives multipliée par le nombre de parts moyen.
En mai, toutes les classes d’actifs ont été concernées par les demandes de rachat des investisseurs. Alors que la tendance ne fait que persister sur les fonds de Trésorerie Régulière, les fonds Obligations ont enregistré leur 1ère décollecte mensuelle depuis 14 mois. Egalement, la famille Actions, au sein de laquelle la gestion indicielle semble mieux résister que la gestion active, a connu sa plus importante décollecte depuis septembre 2008. Au global, l’ensemble du marché a enregistré une décollecte de -7,5 milliards d’euros. (2)
Les performances des fonds français ont été fortement pénalisées par la baisse généralisée des marchés d’actifs risqués. Malgré le net recul de l’euro face aux autres devises, qui a permis aux fonds investis en dehors de la zone euro de limiter l’impact marché, l’effet performance fait ressortir une forte perte de près de -9 milliards d’euros. (3)
Les OPCVM de Trésorerie
L’encours de cette famille de fonds continue de diminuer au fil des mois. En mai, les actifs sous gestion ont reculé de -1%, portant l’encours à 391,6 milliards d’euros.
En mai, les flux sortants des fonds de Trésorerie Régulière sont venus renforcer à nouveau la très nette tendance à la décollecte de ce compartiment. Alors que ce mois est historiquement ponctué de flux entrants, les investisseurs ont décidé de racheter pour -4 milliards d’euros de parts d’OPCVM, portant le total de leurs désengagements à -17 milliards d’euros depuis le début de l’année, et à -71 milliards sur un an. L’encours de ces fonds est ramené à un plus bas niveau de 20 mois, à 367,8 milliards d’euros.
Les catégories de Trésorerie Dynamique (TD et TD+) ont aussi enregistré des rachats pour un total de -1,2 milliard d’euros. Si une part significative de ces rachats est imputable à quelques OPCVM, une majorité de fonds affiche un solde de flux nets négatifs. Dès lors, la tendance des flux d’investissement (donnée par le cumul 12 mois des souscriptions nettes) plaide pour un retournement du courant acheteur. Sur le mois, l’encours de ces fonds a perdu -2,5% et rassemble désormais 22,9 milliards d’euros.
L’exposition des banques européennes à la dette grecque, et plus largement aux pays périphériques de la zone euro, a relancé la réticence de ces mêmes établissements à se prêter entre eux. Les dépôts quotidiens auprès de la BCE ont fortement progressé jusqu’à atteindre 350 milliards d’euros début juin, soit un niveau encore jamais atteint depuis le début de la crise. Egalement, la BCE, lors de son opération de refinancement à long terme, a alloué trois fois plus de liquidité que le mois précédent, pour un nombre de demandeurs aussi en hausse. Parallèlement, si l’EONIA est resté stable à 0,34%, en revanche l’EURIBOR 3 mois s’est tendu à 0,70% en fin de mois, soit 7 pb supplémentaires à son niveau de début avril. Les certificats de dépôt émis durant le mois présentent des primes en hausse sur toutes les maturités.
En répercussion à l’agitation du marché obligataire, une très large majorité de fonds de Trésorerie a réalisé une performance mensuelle inférieure à l’EONIA, les reculs les plus nets ayant été réalisés par les portefeuilles les plus exposés aux établissements bancaires et financiers. Les rendements mensuels des indices EuroPerformance des catégories TD et TD+ sont de -8pb et de -39pb en dessous de l’EONIA. Depuis le début de l’année, les indices des catégories Trésorerie Régulière et TD gardent une performance positive et supérieure à l’EONIA, tandis que l’indice TD+ est redevenu négatif.
Les OPCVM Obligations
A 76,9 milliards d’euros, l’encours des fonds Obligations enregistre une variation mensuelle de -0,2%.
En se portant acquéreur en dernier ressort des dettes publiques et privées de la zone euro, la BCE a grandement participé à la détente des taux des Etats grecs, portugais et irlandais. Seule l’Espagne, dégradée en fin de mois, n’a pu profiter de cette détente (+30 pb sur le taux à 10 ans). Sur le thème de l’aversion au risque, les titres allemands et français ont continué de se détendre.
La détente du marché obligataire souverain permet à l’indice iBoxx d’établir une performance de +1,57%. Par opposition l’écartement des spreads de crédit pénalise les fonds de dettes privées (-0,57% pour l’indice iBoxx). Le marché primaire Corporate a d’ailleurs marqué un véritable coup d’arrêt, puisque moins de 1,5 milliard d’euros a pu être émis. Les investisseurs restant focalisés sur le risque souverain, tout actif risqué, notamment le compartiment Haut Rendement, a été délaissé. L’indice européen de la dette Haut Rendement a fortement reculé de -4% (indice Merrill Lynch en euro). Dès lors, l’effet marché de la famille OPCVM Obligations ne fait ressortir que +299 millions d’euros de gains lors de ce mois de mai.
Pour la 1ère fois depuis 14 mois, le solde des opérations d’investissement et de rachat est ressorti négatif à -437 millions d’euros. Cette décollecte a touché l’ensemble des différentes catégories de fonds, excepté les Obligations euro Moyen Terme (même si les flux entrants de +460 millions n’ont profité qu’à un seul fonds). En détail, les fonds Obligations euro, toutes maturités confondues, et les fonds Obligations Internationales ont remboursé, respectivement, -43 millions et -365 millions d’euros. La décollecte des fonds Haut Rendement a été de -29 millions d’euros. En tendance, les flux demeurent « acheteurs », même si un tassement de la demande est désormais perceptible.
Les OPCVM Actions
L’encours des fonds Actions a enregistré en mai son plus fort recul mensuel depuis février 2009. Une réduction de -9,6 milliards d’euros, soit près de -5% par rapport au mois dernier, porte le niveau d’encours à 187 milliards d’euros, équivalent au niveau de ce début d’année.
D’importantes corrections ont été enregistrées sur les principaux indices boursiers, s’accompagnant d’un très net rebond de la volatilité (un pic de 47% a été atteint par le VIX, contre 22% fin avril). Le plan conjoint des pays de l’UE et du FMI a été jugé tardif par les opérateurs qui craignent désormais que l’austérité imposée aux Etats en difficulté ne vienne logiquement amputer la croissance en zone euro. Dès lors, les pressions sur l’euro se sont accrues face à l’ensemble des autres devises, la parité avec le dollar touchant un plus bas de 4 ans.
Dans ce contexte généralisé de baisse des marchés, une très large majorité de fonds a délivré une performance mensuelle négative. Les catégories France, Euro et Europe ont enregistré des reculs de -5% en moyenne. Le recul des catégories actions Internationales, Amérique et Asie s’est limité entre -2,7% et -0,9% grâce à l’affaiblissement de l’euro. Dès lors, l’effet marché fait état d’une perte de -7,5 milliards d’euros pour le compte de ce mois de mai. Tous les gains réalisés depuis le début de l’année sont désormais effacés.
Déjà en proie à des opérations de rachats lors des deux précédents mois, la famille des OPCVM Actions accuse en mai sa plus forte décollecte depuis septembre 2008. Les retraits ont affecté l’ensemble des catégories géographiques et sectorielles, et cumulé -1,8 milliard d’euros. Particulièrement affectés, les fonds actions Européennes et actions France ont répondu à -768 millions et -203 millions d’euros de rachats. De même, les catégories actions Internationales et actions Asie, toutes deux largement privilégiées par les investisseurs jusqu’à présent, ont enregistré des décollectes de -640 millions et -299 millions d’euros. Les flux entrants et sortants des fonds actions Amérique se sont compensés, alors que seule la catégorie actions Euro affiche une collecte significative de +425 millions d’euros issue des allocations en gestion indicielle (+663 millions).
A cet effet, les produits de gestion indicielle ont bien mieux résisté que la gestion active, aux rachats des investisseurs. Les sorties des fonds indiciels et des ETFs ont rassemblé -106 millions d’euros, soit 0,2% de l’encours, contre un ratio de 1,2% pour la gestion active. Compte tenu d’un effet marché négatif, l’encours de la gestion indicielle est ramené à 49,5 milliards d’euros, soit un repli de -3,8% en un mois.
Au global, la famille des OPCVM Actions présente, pour le 3ème mois consécutif, des flux nets sortants qui réduisent à moins de 100 millions d’euros la collecte réalisée depuis le début de l’année. La tendance des flux d’investissement, qui demeurait acheteuse depuis plusieurs mois, s’est désormais inversée.
Les OPCVM Diversifiés
L’encours des fonds Diversifiés Euro et Internationaux rassemble 96 milliards d’euros, soit une faible variation sur un mois. Toutes les stratégies de fonds Diversifiés ont enregistré une performance moyenne négative en mai, avec un repli légèrement plus marqué pour les fonds euro. Les fonds à dominante Actions ont reculé de -3,9% en moyenne, tandis que le repli des fonds à dominante Taux s’est limité à -1,3%. La gestion Flexible a servi un rendement mensuel de -2,9%, contre un rendement de -2,6% pour les fonds d’allocation Mixte. Sur cette dernière catégorie, la hausse de la volatilité n’a eu qu’un faible impact sur la dispersion des performances, au contraire des résultats de la gestion Flexible. Toutes stratégies confondues, l’effet marché a atteint -1 milliard d’euros.
A l’image des mois passés, les souscriptions nettes ont été peu fournies sur la plupart des stratégies. Seules les catégories Internationaux allocation Mixte (+1 milliard d’euros sur un fonds) et, dans une bien moindre mesure, Internationaux gestion Flexible (+108 millions d’euros) ont réalisé les souscriptions nettes les plus significatives. Au global, la collecte des fonds Diversifiés Euro et Internationaux a atteint +991 millions d’euros en mai.
Les spreads de crédit, plutôt stables en avril, se sont écartés durant le mois de mai (+31pb pour l’iTraxx Main et +131pb pour le Crossover). Si l’on ajoute la nette baisse des marchés d’actions s’accompagnant d’une hausse significative de la volatilité, les fonds Obligations Convertibles ont, dans une très large majorité, réalisé des performances négatives sur le mois. L’effet induit par le marché a fait perdre -576 millions d’euros, tandis que les rachats ont cumulé -219 millions d’euros. De ce fait, l’encours affiche une réduction de -6% à 12,1 milliards d’euros.
Les demandes de rachats n’ont pas plus épargné la catégorie des fonds Absolute Return. Ces opérations ont rassemblé -586 millions d’euros sur le mois et induisent un véritable tassement de la tendance acheteuse qui prévalait depuis plusieurs mois sur ce compartiment de fonds. Comme le mois dernier, le rendement de l’indice EuroPerformance de la catégorie Absolute Return est inférieur à l’EONIA (-50 pb en mai). La dispersion des résultats s’est nettement accrue dans la mesure où les fonds de volatilité ont réalisé des performances positives à deux chiffres, en opposition à une majorité de fonds long/short. A 17,4 milliards d’euros, l’encours s’est contracté de -3,6%. Il s’agit de sa plus forte réduction mensuelle depuis janvier 2009.
Les OPCVM Garantis ou à Formule
Compte tenu de l’arrivée à échéance d’importants fonds Garantis, l’encours de la famille des OPCVM Garantis ou à Formule s’est replié de -1,8% sur le mois, à 68,8 milliards d’euros.
Les souscriptions nettes de la catégorie des fonds assortis d’une Garantie Totale ont cumulé -67 millions d’euros. Parmi ces opérations, les flux destinés aux fonds encore ouverts à la commercialisation ont été de +290 millions d’euros.
Dans un contexte où la majorité des classes d’actifs a été touchée par les rachats, les souscriptions nettes de +248 millions d’euros des fonds à Formule ressortent de manière significative. Il s’agit du 7ème mois consécutif de collecte, cette dernière se faisant à un rythme soutenu. Les ETFs de stratégie ont attiré +175 millions d’euros de flux nets.
Les OPCVM de fonds Alternatifs
En avril, les OPCVM de fonds Alternatifs ont enregistré leur plus importante décollecte mensuelle depuis un an. En rassemblant -251 millions d’euros, les opérations de rachats ont porté sur 3% de l’encours de ces fonds, soit une hausse significative de ce ratio par rapport aux précédents mois. Pour l’heure, ces résultats n’altèrent pas la tendance des flux d’investissement qui demeure en faveur d’une accalmie du courant vendeur.
Le mois d’avril, comme le mois précédent, a été propice à la réalisation de performances positives. En progression, l’indice EuroPerformance affiche un rendement de +21pb supérieur à l’EONIA. L’effet marché atteint +66 millions d’euros.
Sur un mois, les actifs gérés en OPCVM de fonds Alternatifs ont diminué de -3,4%. Ils rassemblaient un peu moins de 8,1 milliards d’euros à fin avril.
Les OPCVM PEA et Profilés
Le marché des fonds éligibles au PEA a enregistré une baisse de -4,5% de ses encours, à 173,1 milliards d’euros. L’effet marché, le plus important contributeur à cette baisse, a fait perdre -6,8 milliards d’euros sur le mois, tandis que la décollecte a rassemblé -1,1 milliard d’euros.
Les fonds Profilés ont subi également un fort effet marché négatif (près de -1,4 milliard d’euros), alors que les flux sortants ont continué d’affluer (-268 millions d’euros). Ces fonds rassemblent un encours de 49 milliards d’euros, en baisse de -3,3% sur un mois.
La Gestion Passive
Face à la gestion active, la gestion passive a bien mieux résisté aux opérations de rachats qui ont caractérisé ce mois de mai. Sur les familles Obligations, Garantis ou à Formule, et Trésorerie, les fonds indiciels et ETFs ont collecté près de +444 millions d’euros. Seule la famille Actions présente un solde négatif de souscriptions nettes (-106 millions). Dès lors, le repli d’encours s’est limité à -2,4% sur le mois, à 62,6 milliards d’euros.
(1) Les encours des OPCVM Trésorerie, Obligations, Actions, Diversfiés et Garantis sont arrêtés au titre du mois M. L’encours des OPCVM de fonds Alternatifs est à M-1.
(2) Les souscriptions nettes s’entendent hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elles sont évaluées à partir de la variation du nombre de parts multipliée par la valeur liquidative moyenne.
(3) La performance s’entend hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elle est évaluée en milliards d’euros à partir de la variation des valeurs liquidatives multipliée par le nombre de parts moyen.