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L'EVOLUTION DU MARCHE DES OPCVM
Après de forts dégagements de -11,9 milliards d’euros au mois de mars, se sont succédés des flux d’investissement de +4,8 milliards d’euros. Toutefois, le constat n’est pas entièrement positif, les réinvestissements en fonds de Trésorerie Régulière ayant été les plus faibles historiquement constatés pour un mois d’avril, et les flux d’investissement et de rachat à l’intérieur de la famille Actions s’étant globalement compensés. (2)
Le retournement du marché Actions et les craintes portant sur les dettes souveraines en Europe ont pesé sur les performances. L’effet marché inscrit une perte mensuelle de -1,3 milliard d’euros. (3)
Le compartiment des fonds de Trésorerie Régulière a enregistré un faible afflux de capitaux durant le mois, rassemblant +2,7 milliards d’euros de souscriptions nettes. Cette collecte ressort tout de même largement inférieure aux flux d’investissement historiquement constatés lors d’un mois d’avril. Seul 0,74% de l’encours des fonds de Trésorerie Régulière a été concerné par cette collecte mensuelle, contre une moyenne historique de 3% pour avril. Malgré un certain regain d’aversion pour le risque, les investisseurs n’ont donc pas semblé enclins à revenir sur cette classe d’actifs, dont l’encours atteint désormais 371,4 milliards d’euros. La tendance des flux (donnée par le cumul sur 12 mois des souscriptions nettes) demeure en faveur d’un fort courant vendeur. Depuis un an, la baisse d’encours atteint -12,7%.
En revanche, la tendance des flux à destination des fonds de Trésorerie Dynamique demeure positive. Après des opérations d’ordre comptable en mars (-1,4 milliard d’euros de rachat), c’est +1,1 milliard d’euros de collecte qui a pu être enregistré en avril. L’encours a progressé de +6,7% en un mois et rassemble désormais 23,4 milliards d’euros. Depuis un an, cette progression atteint +37%.
En avril, les tensions suscitées par la Grèce n’ont eu qu’un impact modéré sur les taux courts, notamment en raison du surplus de liquidités dont bénéficient les établissements bancaires. L’EONIA, ainsi que l’Euribor 3 mois, sont demeurés stables (respectivement 0,35% et 0,64% en moyenne mensuelle). Aucune tension n’est pour l’heure apparue sur les émissions de TCN, notamment des établissements bancaires dont les marges par rapport à l’EONIA restent faibles sur une maturité 3 mois. En revanche, les dépôts quotidiens auprès de la BCE ont fortement progressé pour atteindre 251 milliards d’euros en fin de mois.
Dans ce contexte, la performance mensuelle des fonds de Trésorerie Régulière est restée stable sur un niveau très bas. 1/3 des fonds de cette catégorie continue de délivrer un rendement en ligne ou légèrement supérieur à l’EONIA. En revanche, certains fonds de Trésorerie Dynamique ont subi les heurts du marché obligataire : la proportion de fonds ayant réalisé un rendement mensuel équivalent ou supérieur à l’EONIA est tombée à 46% contre 70% en mars. L’indice de catégorie TD affiche un rendement mensuel supérieur à l’EONIA de +3 pb, tandis que l’indice de catégorie TD+ délivre une performance inférieure de -2,4 pb, la première depuis mars 2009.
En avril, les taux helléniques ont poursuivi leur tension jusqu’à atteindre 13% pour la maturité 5 ans. Les agences de notation ont successivement déclassé la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Compte tenu des craintes de contagion aux autres pays membres, les investisseurs se sont massivement reportés sur le Bund allemand (détente de 12pb sur le 10 ans au cours du mois). Les craintes suscitées par la dette des Etats ont pesé sur le marché du crédit Investment Grade : en avril, l’activité primaire s’est ralentie avec 22 milliards d’euros émis contre 64 milliards en mars.
Les indices iBOXX de dette souveraine et d’entreprise ont évolué en sens inverse, respectivement -0,7% et +0,6%. L’indice Merrill Lynch de la dette Haut Rendement s’est apprécié de +1,4%. Dans une grande majorité, les fonds Obligations Euro ont délivré une performance mensuelle négative avec une dispersion accrue par rapport au mois précédent, provenant probablement, de l’élargissement des spreads souverains. Seules les catégories Obligations Internationales et Haut Rendement affichent des gains sur le mois. Au global, l’effet marché fait perdre -182 millions d’euros aux OPCVM Obligations.
La demande des investisseurs est retombée à +714 millions d’euros sur le mois contre +1,4 milliard en mars. +554 millions d’euros ont continué d’alimenter les fonds Obligations Euro de maturité inférieure à 5 ans, tandis que +393 millions d’euros ont été alloués aux fonds de maturité supérieure (toutefois, ces flux ont été absorbés par un seul fonds). La demande pour les fonds Obligations Internationales a été terne (-8 millions d’euros contre +166 millions en mars) alors que les fonds Obligations Haut Rendement ont rassemblé une collecte en progression, à +91 millions d’euros.
Malgré une collecte mensuelle en baisse, la famille des OPCVM Obligations continue d’évoluer dans une tendance acheteuse.
Un temps soutenus par les résultats d’entreprises, les marchés d’actions ont peu à peu été rattrapés par la situation préoccupante de la Grèce, et par le risque souverain au sens large. Les craintes ont porté principalement sur les valeurs financières qui ont lourdement pesé sur les indices en Europe, de même que la baisse de l’euro. L’Eurostoxx 50 s’est replié de -3,6% sur le mois, tandis que la bourse de New York progressait de +2,6% (en euro). Dès lors, une grande majorité de fonds investis en Actions France, Euro et Europe ont enregistré des performances négatives sur le mois, à l’exception des catégories Petite et Moyenne Capitalisation. Les autres zones géographiques affichent des performances positives. Toutes catégories d’investissement confondues, l’effet marché affiche une perte de -936 millions d’euros sur le mois.
En avril, les flux d’investissement ont pris le même sens que durant le mois de mars. Les investisseurs ont continué de vendre pour -942 millions d’euros de fonds de valeurs françaises et euro, pour se focaliser sur les autres zones géographiques. En détail, +208 millions d’euros ont été alloués aux fonds Actions Internationales, +284 millions d’euros en fonds Actions Amérique et +189 millions en fonds Actions Asie. Egalement, +176 millions d’euros ont été pourvus aux fonds Actions Européennes. Les fonds Actions Sectorielles ne font état que d’une décollecte de -23 millions d’euros.
La collecte affichée par ces zones géographiques est fortement issue de la demande en fonds de gestion indicielle. Après -168 millions d’euros de rachats en mars, les investisseurs se sont de nouveau tournés vers ce type de fonds en leur allouant +499 millions d’euros sur le mois. Hormis les fonds Actions France (-166 millions de rachats), Actions Sectorielles (-87 millions) et de faibles opérations sur les Actions Euro, la gestion indicielle des grandes zones géographiques a donc enregistré un net rebond de la demande en avril. Néanmoins, compte tenu d’un effet marché négatif, l’encours est demeuré stable à 51,5 milliards d’euros.
Au global, gestion active et indicielle présentent une décollecte mensuelle de -108 millions d’euros, après -459 millions d’euros de flux sortants le mois dernier. La tendance demeure toujours en faveur d’un courant acheteur.
En revanche, la collecte ne présente guère de changement par rapport aux flux de ces derniers mois. +716 millions d’euros ont été alloués en fonds d’allocation Mixte (principalement sur un fonds), tandis que les opérations sur les fonds à dominante Taux et à dominante Actions sont restés discrets. La gestion Flexible a enregistré +202 millions d’euros de souscriptions nettes, principalement sur le compartiment International.
Egalement en recul sur un mois, l’encours des fonds Obligations Convertibles s’établit à près de 13 milliards d’euros. En cause, les performances négatives réalisées par une majorité de fonds de valeurs euro et européennes. Les pertes ont atteint -120 millions d’euros en avril, tandis que les flux d’investissement se sont contractés pour laisser place à -31 millions d’euros de rachats.
La catégorie Absolute Return affiche également sa première décollecte mensuelle depuis 1 an. Totalisant -154 millions d’euros, ces rachats n’ont toutefois concerné qu’une minorité de fonds, altérant faiblement la tendance acheteuse en vigueur depuis plusieurs mois.
Si une majorité de fonds a continué de délivrer une performance mensuelle positive, l’indice EuroPerformance de cette catégorie est en net repli par rapport au mois dernier : le surplus de rendement à l’EONIA est passé de +64pb en mars, à -4pb en avril.
A fin avril, l’encours est quasi-stable sur un mois à près de 18,1 milliards d’euros.
Sur le compartiment des fonds assortis d’une Garantie Totale du capital (-482 millions d’euros de souscriptions nettes), les fonds encore ouverts à la souscription ont rassemblé +708 millions d’euros de flux entrants.
Les OPCVM à Formule ont vu +179 millions d’euros affluer. Sur ce compartiment de fonds, les ETFs de stratégie ont enregistré +44 millions de souscriptions nettes, la préférence des investisseurs allant nettement au profit des fonds « bear » actions (c’est-à-dire courts du marché Actions) (+97 millions d’euros).
Les rachats qui dominent à nouveau cette classe d’actifs depuis le mois de décembre, ont été moins étoffés en mars que les opérations menées durant le mois de février. La décollecte a rassemblé -27 millions d’euros, contre des sorties de -101 millions d’euros précédemment.
L’indice EuroPerformance de cette famille de fonds affichait un rendement mensuel supérieur à l’EONIA de +38pb pour le compte du mois de mars, après un rendement inférieur de -20pb en février.
Les opérations de rachats sont toujours de rigueur sur les fonds Profilés. En avril, la décollecte a atteint -215 millions d’euros, alors que les performances ont fait perdre -176 millions d’euros. A 49,2 milliards d’euros, l’encours de ces fonds se replie de -4% sur un mois, mais continue de progresser sur un an (+11%).
L’encours s’établit désormais à 64,1 milliards d’euros, en légère progression de +0,5% sur un mois.
(1) Les encours des OPCVM Trésorerie, Obligations, Actions, Diversfiés et Garantis sont arrêtés au titre du mois M. L’encours des OPCVM de fonds Alternatifs est à M-1.
(2) Les souscriptions nettes s’entendent hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elles sont évaluées à partir de la variation du nombre de parts multipliée par la valeur liquidative moyenne.
(3) La performance s’entend hors OPCVM de fonds Alternatifs. Elle est évaluée en milliards d’euros à partir de la variation des valeurs liquidatives multipliée par le nombre de parts moyen.